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Ménager la chèvre et le chou

23 sept., 2025 5
Ménager la chèvre et le chou

La diversité des mots, la richesse des voix

Rédiger du contenu accessible au plus grand nombre de personne est un engagement qui nous tient à cœur. C’est un travail constant, parfois délicat, mais toujours passionnant. Nous nous efforçons sincèrement d’interpeler une vaste audience, mais entre les différences régionales, culturelles et linguistiques, disons que le défi est de taille. Car si nous partageons un seul et même monde, nous ne partageons pas toujours les mêmes mots, ni les mêmes réalités et encore moins les mêmes préférences. Certaines personnes disent palta pour avocat en espagnol, d’autres privilégieront aguacate. Ici on met un bonnet, là-bas une tuque. Et pendant que certains déjeunent, d'autres dînent. Et ce ne sont que quelques exemples parmi des milliers.

Cette diversité linguistique est magnifique, mais elle représente un défi lorsque l’on souhaite créer un contenu clair, inclusif et compréhensible pour le plus grand nombre. Chez Madame Polyglotte, on s’efforce d’utiliser un vocabulaire neutre, de varier les prénoms, les villes, les références culturelles, afin que chaque personne puisse se sentir accueillie. Mais comme il existe autant de façons de parler qu’il existe d’êtres humains, viser la perfection serait illusoire. Alors on fait de notre mieux, avec sincérité, respect, ouverture et bienveillance.

 

« Ménager la chèvre et le chou » : une expression qui dit tout

J’ai choisi d’utiliser l’expression ménager la chèvre et le chou parce qu’elle illustre parfaitement cette réalité. Elle signifie tenter de satisfaire deux parties aux intérêts opposés, ou concilier des attentes contradictoires. L’expression remonte au Moyen Âge et fait référence à une énigme bien connue : un paysan doit traverser une rivière avec une chèvre, un chou et un loup. Il ne peut transporter qu’un seul élément à la fois. S’il laisse la chèvre seule avec le chou, elle le mangera. S’il laisse le loup seul avec la chèvre, il la dévorera. Il doit donc trouver une stratégie pour que tout le monde arrive intact de l’autre côté.

Créer du contenu accessible ressemble parfois à ce casse-tête. On essaie de ne froisser personne, de respecter les sensibilités, les habitudes linguistiques, les réalités culturelles. On cherche un équilibre, même si cet équilibre est mouvant, tout comme la langue elle-même.

 

Le point d’ébullition est universel, mais l’heure du thé ne l’est pas

Si l’eau bout à 100 °C partout sur Terre, l’heure du thé, elle, change d’un endroit à l’autre. Cette image résume bien la situation : nous partageons des repères communs, mais nos rythmes, nos traditions, nos mots diffèrent. Et c’est précisément cette diversité qui rend la communication à la fois complexe et profondément humaine.

Alors oui, il est difficile de plaire à tout le monde. Mais cela ne nous empêche pas d’essayer. Chaque texte est un effort pour rejoindre le plus grand nombre, pour créer un espace où chaque personne peut se reconnaître, ne serait-ce qu’un tout petit peu. Rien n’est parfait, mais tout est fait avec soin. Alors si nous venions à nous tromper, mélanger un mot ou choisir une expression qui fait lever un sourcil… eh bien, on respire, on rit, et on poursuit sa journée en ayant appris quelque chose de nouveau.

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